09 juin 2008
Je ne sais pas... Je sais plus. J'ai perdu tout ce que j'avais construit... Quelques peu bâtit en plusieurs mois... Des reves, des envies, ou plus simplement, l'envie et la force de vivre...
D'un jour à l'autre, un voile noir s'est abattu sur mes yeux, un poids sur mes épaules.
Faire semblant, tout le temps. Pour eux, pour vous. J'ai pourtant envie de hurler, de crier, de pleurer, de m'arracher la chair... Mais je souris. Je rassure. Comme une cocotte-minute, je bous. Mais je bous trop et je le sens, tout va exploser... Cela sera violent, sans aucun doute... J'en ai peur...
Il y a encore deux semaines à peine, j'avais envie, j'avais trouvé quelques clés, quelques pensées sensées pour m'aider. Je voulais faire des efforts, je voulais vivre, être heureuse.
Aujourd'hui, je ne veux plus rien. Je ne peux plus rien. J'ai l'impression d'avoir pris une claque qui m'a fait tomber... Bas, trop bas... Et pour la première fois depuis longtemps, je ne me suis pas relevée...
Et putain je m'en veux. Je m'en veux d'avoir reculé, d'avoir chuté. Je m'en veux de ne plus retrouver cette petite flamme, même minuscule, qui me disait que je pourrai y arriver... Alors oui, je sais, vous me direz surement qu'il faut se battre, que ca vaut le peine, etc, etc. mais je ne suis pas en mesure de l'entendre...
Je dis juste, pour rassurer tout le monde, que voilà plus de 10 ans que je me bats, que je me suis relevée maintes fois, ainsi, je me relèverai...
Mais la seule chose que j'ai envie de leur dire c'est simplement "aidez-moi". Pourtant j'en suis incapable... Je me tais et cache. Je mens et dissimule comme je peux. Pas pour moi, non, mais pour eux.
Ma maman s'inquiète, je le sais et je ne peux imaginer l'inquiéter plus encore... Elle en a déjà tellement bavé... Tellement.
Mon père, je n'en parle même pas, lui qui est enfermé entre quatre murs pour des semaines encore... Lui qui se bat contre lui-même, contre ses propres démons...
Ma soeur, à peine en train de se sortir de sa propre dépression... Elle me disait encore il y a quelques jours qu'elle retrouve enfin un semblant de vie... Comment pourrais-je lui dire ma douleur?
Et puis mon homme.... Je l'ai une nouvelle fois dépeint comme l'homme idéal, celui pour qui qj'ai le plus d'admiration... Il est positif, ambitieux, beau, il réussit tout ce qu'il fait... Il est fantastique... Il mérite mieux... Il veut que je bouge, il veut que je réussisse... Il en bave déjà tellement.....
J'ai envie de m'éteindre, mais je n'en ai pas le droit.... Envie de fuir, de tout laisser derière moi et qui sait, peut-être qu'après, tout sera plus beau, paisible... Peut-être que cette douleur ignoble qui vit en moi s'teindra en même temps que moi....
Ne jugez pas mes mots, ils sont uniquement le reflet d'une douleur intense que je ne sais plus gérer...
30 mai 2008
Je me sens seule… Si seule face à cette douleur qui me broie, me tort les tripes… Elle gronde en moi. Elle ne demande qu’à sortir, mais les seuls moments ou je lâche la pression, c’est imbibée d’alcool… Et dans ces moments-là, comme ces deux dernières nuits, je me transforme en animal… Les cris sortent de ma bouche, mon visage se tort de douleur… Je deviens autre… Je deviens moi… Entière. J’ai besoin de cet alcool pour sentir mes sentiments… Pour sortir cette souffrance, pour pleurer, hurler, être… Malsain ? Surement, oui. Mais j’ai besoin de ça. Besoin de hurler ma douleur… Je suis allée lui rendre visite hier. Terrible. Innimaginable… Mon père, cet homme sensé représenté la force, un pilier, allongé sur son lit, les bras bandés, le regard terrorisé… Il ne savait même plus quel jour on était… Il souffre… Trop. J’aurais voulu pouvoir prendre toute sa souffrance, lui oter ses peurs… Le débarrasser de tout ça… Le voir comme ça, si vulnérable… Je me suis retrouvée 10 ans en arrière, lors de sa première TS. Lorsqu’il avait des hallu, lorsque moi-même j’ai commencé à sombrer… Lorsque j’étais enfant… Lorsque je n’osais plus le regarder dans les yeux…. Et je me rends compte que je l’aime… Mon papa. Il me manque… Il me manque ce père qui a disparu depuis si longtemps… Celui qu’il était avant tout ça… Avant la maladie, les délires, les TS… Il me manque cet homme fort et rieur… Ce bavard souriant, sursautant lors des films d’horreur, chantant faux sur ses chansons favorites, allant jusqu’à en inventer les paroles… Il me manque tellement…. A la place, a grandit un enfant effayé dans un corps obèse… Muet et absent. Les rires ont disparut… Loin, très loin et depuis trop longtemps. J’ai mal… Je sais, les mots se répètent, mais je ne sais plus comment le dire autrement… Une douleur vive, différent du mal sourd habituel… J’aimerais tellement qu’on me prenne dans ses bras… Qu’on me berce, qu’on me console… Un contact, une main sur mon épaule… J’aimerais ne pas devoir être le roc sur lequel s’appuyer. J’ai besoin de mon homme, absent… Dites-moi… Dites-moi qu’un jour ça s’arrêtera… S’il vous plait…
28 mai 2008
Stoïque. Inerte. Vide. J'apprends ce soir que mon papa, une nouvelle fois, a voulu nous abandonner. Et je reste là, sans réaction. Et je termine ma crise débutée plus tôt...
Je ne sais plus. Sous le choc peut-être... Je n'arrive même pas à écrire quelques mots. Je suis vide.
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Des larmes sont sorties.... des sanglots....
l'alcool aidant, peut-être... surement...
J'ai mal.... et je lui en veux... Je lui en veux car depuis longtemps, je me bats moi aussi contre ces démons, contre cette envie de tout laisser tomber, mais je lutte, pour mon fils... Lui, il a 5 enfants.... Et même si je peux comprendre sa douleur, je ne peux m'empecher de me dire "on est pas assez important pour lui?"
Il a voulu mourir.... réellement... et même si ca fait des années que je me dis qu'il mourra surement de cette facon, je ne peux m'empêcher de souffrir...
Je voulais être forte... que tout ca me glisse dessus comme si de rien était.... mais il n'en est rien... J'ai mal...
Demain, ma soeur veut aller le voir... Je ne sais pas si j'en suis capable...Voir sa douleur... voir dans ses yeux cette chose qui fait qu'il a voulu en finir.. voir ces bras bandés, voir sa folie (il délire).... Je sais pas... et en meme temps, c'est mon papa.... Il a besoin de nous...
je sais pas, je sais plus...
26 mai 2008
Que répondre à ce genre de commentaires... Vous avez vos raisons pour réagir tel que vous le faites parfois et je peux comprendre que mes mots puissent choquer mais pensez-vous réellement que vos attaques servent à quoi que se soit? Bref...
Aujourd'hui, commencent trois semaines de solitude. Mon homme est parti ce matin pour ces cours de répèt' de l'armée... Je me retrouve seule et partagée entre deux sentiments : La pensée "malade" qui me répète toute la journée que je suis enfin libre de faire ce que je veux, que je ne vais plus manger et ainsi arriver à perdre du poids avant notre départ en vacances. Et la pensée qui panique à l'idée d'être seule et de dérapper de trop.
Après 3 jours sans crise la semaine dernière, je recommence la semaine par deux crise... Rien d'autre dans l'estomac que la bile de mes vomissements abusifs et les laxatifs... C'est pas la joie... Et puis, une nouveauté, j'ai rangé ma balance au fond de mon armoire... Je ne la sortirai qu'une fois par semaine... C'est terriblement perturbant. Je ne sais pas combien je pèse depuis quatre jours et bien évidemment, je suis persuadée d'avoir grossi.... Terriblement grossi... Du coup, j'essaie de perdre, à tout prix, pour que le jour de la pesée, le poids ne soit pas catastrophique et pourquoi pas, en baisse...
En attendant le jour J, il me faut déstresser... Et pour se faire, demain matin, hop, chez le coiffeur pour me faire bichonner... A bientôt!
21 mai 2008
Je sais pas. Je sais plus. Je n'ai aucune idée de mon état aujourd'hui. Ou même hier...
Je me sens pas bien, et pas non plus au plus mal... Je suis juste là, inutile. Chancelante.
46kg... Ce poids me hante...
Encore hier, j'avais rendez-vous avec le médecin de la clinique. Il me répète à nouveau que mon poids n'est pas "viable" sans les TCAs. On me demande de prendre 7kg... Incapable, j'en suis littéralement incapable d'atteindre ce but. Je réalise que, dans mon esprit, est encore trop présent le besoin de maigrir pour espérer réussir à prendre quelques kilos... Ca viendra, peut-etre mais pour le moment, il n'en est pas question... Je suis encore fascinée par cette fille, à la clinique, avec sa sonde dans les nez... Je regarde ces bras, ces jambes... J'en suis presque à l'envier...
Pathétique. Ridicule.
46kg... Je crois que j'ai besoin de les atteindre... Une fois. Un jour. Avant d'accepter de guerrir... Peut-être.
14 mai 2008
Pardonnez ma longue absence... Il y a des périodes ou j'ai du mal à prendre le temps d'écrire ma vie, mes maux.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Mon moral vacille sans cesse, il monte, il descend... Un jour c'est l'euphorie, je parle, je cours, je ris... Et puis le lendemain, le desespoir me rempli, les idées noires m'envahissent... C'est à n'y rien comprendre...
Bref, aujourd'hui est un jour... "Moyen". Ni trop, ni pas assez.... Juste une journée qui passe. Deux crises, j'aurais pu mieux faire, mais bon, ma vie est ainsi faite. Pour le moment.
Je me rends toujours à la clinique chaque semaine. Hier, j'ai rencontré le médecin de l'établissement, afin de me faire prescrire un antidépresseur. Le psychiatre: "J'ai une mauvaise nouvelle, vous êtes bien en dessous de la limite de poids, je ne peux vous donner la fluctine (le médocs que je voulais), car il a un effet anorexigène et nous ne pouvons pas prendre le risque que vous perdiez plus de poids.".... Moi: "Heu..... Ha bon... Ok...". Il me montre, par A plus B que mon poids est insuffisant, que je suis largement en dessous de mon poids "santé", que mon poids actuel est dangereux, etc etc.... Et moi, je n'entends qu'un long blabla... Je n'y crois pas.
Au final, il m'a prescrit un autre antidépresseur en me mettant une condition: Ne pas perdre de poids, ni même stagner trop longtemps à celui ou je suis... J'ai dit oui, sans y croire vraiment. On verra.
Dans ma tête se battent mes deux moi. Le point positif est qu'en géneral, les deux moitiers de moi commencent à être à égalité. "Poids-plume" comme je l'appelle, se fait un peu plus petite... Je l'entends toujours, croyez-le, mais je tente de contrer ces ordres... Bref, j'essaie, encore et encore. Je me bats. Parce que la vie en vaut la peine. Parce que j'espère encore réussir un jour à voir chaque jour qui passe comme une bénédiction. Parce que j'en ai envie, simplement.
Je lis chaque jour la détresse d'une amie, loly... Et j'ai mal de la voir ainsi dépérir. J'aimerais tellement lui donner un peu de mon espoir... Juste qu'elle se rende compte que derrière toute sa douleur, il existe de petits moment, aussi infimes soient-ils, durant lesquels la vie reprend son cours...Et rien que pour ça, on se doit de se battre. Je pense à toi petite princesse... Garde courage!
02 mai 2008
Un combat permanent m'épuise... J'essaie, je me bats. Parfois je gagne. Souvent je perds...
Hier, après une journée sans rien dans l'estomac hormis mon sacré-saint coca light, j'entends la petite voix me conseiller, encore et encore: "Puisque tu n'as encore rien mangé, continue, jeûne jusqu'à demain...". Pourtant, après de nombreuses hésitations, j'accepte de partager un repas léger avec mon homme et mon fils. Au menu : salade verte au saumon, fromage, feuilletés-maisons et champignons de paris. Rien de terrible pour n'importe qui d'autre, déjà beaucoup pour moi.
Mais je l'ai fait, j'ai mangé. Le résultat fut catastrophique. Je suis grosse. Ballonnée, j'ai mal au ventre. Et puis, l'erreur, je me suis regardée dans le miroir en me changeant... Je suis ignoble. Mes cuisses sont difformes, mon ventre forme une grosse bosse... Je me dégoute.
Et ce matin, sur la balance, 2kg en plus... Comment est-ce possible? Comment surpasser cette douleur? Lorsque les conséquences d'un repas sont si dures à suporter...
Je n'y arrive pas. J'essaie pourtant, vraiment. J'essaie de faire taire cette satané voix, j'essaie de me convaincre que je peux vivre au moment M, que j'ai la capacité de profiter de quelques instants familiaux...
C'est tellement difficile... Trop difficile...
24 avril 2008
La douleur... Insistante et perfide. Lancinante. Assassine.
Se taire. Cacher. Le masque, enfiler.
Les larmes coulent, parfois. Hier, recroquevillée dans ma salle de bain, comme une enfant.
Et puis. Une lourdeur. Et puis. La peur.
Et quelques mots, posés, pianotés. Même plus un appel à l'aide. Juste un témoignage, une signature...
22 avril 2008
Douleurs...
J'ai mal.... Trop mal....
Une énième discussion avec mon copain. Volonté... C'est le seul mot qu'il a à la bouche... Comme si je ne me battais pas, tiens....
"Mais qu'est-ce que j'apporte et à qui?" --> Réponse: "si t'apportes rien à personne c'est parce que t'es dans cette merde"
Et puis, j'ai eu le malheurs d'avouer avoir parfois des envies suicidaires... Espérant un peu de gentillesse et peut-etre qu'il se rende compte de ma souffrance, je peux me le foutre au cul...
"pfff n'importe quoi.... t'as rien pour te plaindre! Y a des gens qui ne rêvent que de vivre longtemps et toi tu penses à la mort" "tu m'énerves, je vais me coucher..."
Je suis blessée. Décue et triste.
Si ces mots avaient été des couteaux, ca n'aurait pu etre pire...
"Vas-y, t'as raison, culpabilise-moi encore plus...."
Et puis. Et puis ce douloureux constat: Dans mon groupe de parole, je suis la patiente la plus extrême dans la maladie. Le seule qui ne supporte même pas une salade. La seule qui fait autant de crises... Le chemin sera long. Très long. Trop long...
Il. Lui, ne le supportera pas. Il veut que tout aille vite, il veut me voir avancer. Selon lui, je stagne. Pourtant j'essaie, mais il ne comprend pas. Il dit qu'il m'aide, qu'il fait tout pour moi... Et bien détrompe-toi, Je me bats et Je m'aide. Toi, tu es simplement là pour me tenir parfois la main. Et si tu n'en as plus l'envie, le courage ou la force, soit, laisse-moi.
16 avril 2008
Bon, comme promis, je reviens vous donner des nouvelles...
Premier groupe lundi... Bcp de blabla, d'espoirs à la pelle, mais j'ai du mal à y croire...
Du coup, je ne joue pas l'élève modèle comme je l'ai tjs fait... J'ai fait la gueule tout du long, m'eme si j'ai quand meme parlé un peu... On nous demande de tenir un carnet alimentaire, je ne l'ai pas commencé... Et puis, de faire une courbe de poids en rapport aux événements de nos vies... Pas encore fait non plus...
Je me rends compte que j'ai du mal à croire que je puisse un jour me sortir de tout ca, mais bon... J'ai un peu baissé les bras... Et puis je crois que je n'ai pas encore accepté la "maladie"... <Je n'arrive pas à prononcer le mot boulimie... Moi qui suis pourtant tellement "parlante" en général.. je raconte ma vie à qui veut l'entendre et là.... ben ca coince un peu. Le sujet est plus tabou que je ne le pensais...
Bref, prochaine séance lundi prochain....

