Une vie sans faim

27 décembre 2011

Noël est passé avec son lot de lumières, de foie gras, de kilos amassés. Je ne saurai dire ce que je pense de ce dernier Noël... J'sais pas... Des cadeaux, mes deux parents et mon fils à la maison mais j'étais ailleurs. Sans savoir pourquoi. 

Mon homme aussi me dit "tu n'es pas là, t'es ailleurs..."... Oui peut-être. Je sais pas. Je suis ici et ailleurs. Nulle part peut-être.

J'ai ma maison, mon homme, mon fils, du temps... 

Mais oui, je suis ailleurs. Je suis absente sans savoir ou je suis cloîtrée. Aucune idée... 

J'ai du mal à investir ma vie, à me voir autrement qu'une chose informe et inutile, une ado anorexique/boulimique/dépressive, une femme-enfant... Je souris pourtant, je respire, je suis vivante. Mais absente. Pas d'extrêmes sensations, pas de crises de larmes, pas de cris, rien. Juste ça...

J'ai perdu mes repères: Mon boulot, mon chez-moi, mes TCAs et je crois que derrière ma carapace de femme invincible et forte comme un roc, se cache une jeune femme apeurée et fragile. Toujours vacillante.

Et puis, j'avoue cette vie simple, limpide et facile m'effraie. Non par elle-même mais par mon habitude au chaos. J'ai peur de cette vie tracée, droite, lisse. Je ne suis pas ainsi, même si j'ai toujours hurlé mon envie de calme et simplicité. A présent, je l'ai, mais est-ce moi? Serai-je capable de vivre ainsi sans mettre une bombe à l'interieur? Sans tout bousiller pour me ressembler? Suis-je seulement apte à vivre ainsi?

Chaotique. Ainsi je suis, ainsi je resterai.

 

 

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01 décembre 2011

Je le savais....

Je le savais, oui, je le savais... Mais tellement emportée par l'optimisme environnant, j'ai fait semblant que peut-être, la vie me laissait un peu de repis... Quelle erreur!!!

A seulement deux semaines de ma nouvelle vie, je suis virée, licenciée, jetée comme une malpropre... Sans le moindre avertissement, sans la moindre réelle raison. Je suis virée. Sans emploi. Sans salaire. Sans rien.

Se rendent-ils seulement compte que cet élément remet tous mes projets en question? Savent-ils et en ont-ils seulement quelque chose à foutre de savoir qu'ils viennent de foutre en l'air une partie de moi? 

Et moi, 3 jours après cette charmante et destructrice nouvelle, je suis sensée voir l'avenir, penser à demain, et me relever? Non mais on se fout royalement de ma gueule là???? Sérieusement!

Sans compter que, sans rentrer dans les détails, toute une question de pays de résidence rentrait en compte et que tout est à reprendre à zéro... 

Plus de bébé, plus de maison, plus de boulot.... Non mais c'est une blague? Et je m'accroche à quoi moi? A mon canapé sur lequel je vais élire domicile? 

Je ne suis plus là. Ils m'ont achevée. Ils ont tout brisé... Tout. Et moi, comme à mon habitude, je me transforme en robot. En machine incapable de réagir, de ressentir. J'erre dans mon appart, la clope au bec, à faire des brownies comme si de rien était...

Et pourtant une colère immonde et jamais ressentie jusqu'alors gronde en moi. 

Ils me tuent car en m'ôtant mon travail, ils m'enlèvent tous les rêves associés. Je n'ai plus rien. Sans aucune raison. 

Tout le monde au travail est choqué, atteré. Ca me fait une belle jambe, tiens. Et moi donc!

Injuste. C'est injuste et destructeur. 

Et je vais ou moi? Hein?

 

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21 novembre 2011

...

J’avance. Bien plus que je ne l’aurais imaginé il y a encore que quelques semaines.  

Ma vie me semble aujourd’hui bien plus sereine, plus simple et plus claire. Non que tous mes démons aient disparu, loin de là, mais l’avenir semble se dessiner avec bien plus de couleurs qu’auparavant.

Dans à peine trois semaines, nous déménageons dans notre nouvelle maison. Un jardin, une belle cuisine, de la place… Le bonheur.  Sans parler de mon homme qui m’a prouvé son engagement.  Et le comble du comble, notre projet de bébé qui prend forme. Nous essayons et qui vivra verra.

Comme tout « artiste en herbe », le mieux-être n’est pas un élément inspirant et je ne sais donc pas trop quoi ajouter… Oui il reste une part sombre en moi. Certaines difficultés à me nourrir correctement, mais plus d’abus d’alcool, moins de réelles crises, plus d’automutilation…  Mais je préfère ne pas voir ces choses là et continuer mon avancée vers demain…

A bientôt.  Promis !

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03 novembre 2011

Rien n'est jamais aisé. Ni le bien, ni le mal. L'effort et la difficulté sont des éléments perpetuellement actifs. Pas un jour de repos pour l'âme et le corps.

La bataille est rude, les efforts sont nombreux mais le jeu en vaut la chandelle.

Je tombe, je trébuche, me relève et continue, encore et encore. Pour eux. Pour lui. Pour moi. Mais même si elles restent présentes, les chutes sont moins brutales, les écorchures moins profondes.

J'aime cette nouvelle vie, ces partages, sa présence quasi quotidienne à mes côtés. J'aime nos fou-rires. J'aime faire le clown et imiter des personnages plus improbables les uns que les autres jusqu'à le faire rigoler comme un enfant. J'aime nos soirées télé. J'aime ne pas pouvoir me laisser sombrer comme bon me semble... J'aime nos projets, nos rêves communs. Je l'aime.

Malgré tout le chemin reste rempli d'embûches à contourner, à enjamber, à ignorer. Le nombre de repas quotidien à gérer est toujours le même. La tentation alcoolique aussi. Et je lutte, je lutte sans fin/faim. Et je perds parfois. Trop souvent encore.

Mes quelques kilos (tout est relatif) perdus en deux semaines en sont la preuve concrète. Et puis bon, la fatigue, les boutons de fièvre, les cheveux qui tombent, les dents qui se carient... Bref, vous connaissez. Mais je suis là, debout.

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22 octobre 2011

24 heures

Voilà, je suis à moins de 24h de partager mon appart, ma vie, mon quotidien. 24h de liberté malsaine avant l'arrêt de toute déviance.

Et oui, je ne compte pas agrémenter la vie de mon homme de mes vomissements, de mes cuites, de mes douleurs diverses. Non, justement cela sera mon nouveau départ, ma nouvelle vie. Une vie à trois, puis à 4. 

Dans 24h démarre une nouvelle vie. MA nouvelle vie. 

Oui j'ai peur, une peur immense mais je veux être digne de cette nouvelle chance qui s'offre à moi. Je ne compte pas la gâcher. Je veux être cette femme, cette mère. Je veux être elle. Je serai cette femme-là. Je le serai.

Je m'attends à de difficiles moments. Je m'attends à des pulsions avortées dans l'oeuf et il faudra faire avec. Je m'attends à cette sensation du coeur qui frappe, de la colère qui monte le long du corps, mais je saurai la maitriser. Je le promets. 

J'ai tellement envie de tout ce que m'offre cette nouvelle vie... Tellement besoin de retrouver les éléments auxquels je pourrai m'accrocher. J'ai tellement besoin de tout ça... Mortellement besoin.

Il ne se rend pas compte, il ne sait pas. Il ne voit pas quelle chance il m'offre, là. Il n'imagine pas sur quel bouton il vient d'appuyer et à quel point cela va être difficile pour moi tout autant que salvateur.

Je vais partager ma vie, mon quotidien. Chaque jour.. 

Et chaque jour j'aurai quelqu'un qui m'aura pris dans ses bras, chaque jour j'aurai quelqu'un qui m'aura rappelé son amour. Chaque jour...

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20 octobre 2011

Une nouvelle journée. J'y crois malgré mes echecs...

Mon repas de midi vomi au maximim de la situation. Au boulot. Mon repas du soir évité. Un verre de rosé à la place. Puis un deuxième avec une explication bancale face à mon fils. "Non mais tu vois, j'ai pas très faim pour le moment, je mangerai plus tard...."

Le pire est que j'ai plein de projets, que les événements vont vers le hauts.

Mais la vie s'étale à mes pieds. Elle est là, vivante, en attente. Et moi j'essaie, encore et encore. Je m'aventure dans la sobriété, dans l'envie, dans la foi d'une vie possible. D'une chose autre que le néant.

Et j'y crois, malgré mes douleurs, malgré mes humiliations vomissantes, malgré mes solitudes...

J'ai foi au fait que cette nouvelle vie me changera...

Simpement à un moment, je ne pourrai plus. Vomir. Boire. Mon corps appartiendra a quelqu'un d'autre. Et puis un jour j'aurai peut-être cette vie que je voulais tant il y a 7 ans (ho l'age de mon fils, tiens....). Je comprendrai la famille. Je vivrai l'amour. Je saurai l'avenir...

Parce que oui, depuis plus de 15 ans je sais la vie que je veux. Je la connais, je l'ai vecue tellement de fois. Cette vie vivante, partagée. Ces noels habités, ces instants en famille... Je les connais déjà et je veux les vivre...

Un jour...

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16 octobre 2011

Voila seulement quelques minutes, voir peut-être deux heures que mon dernier message a été publié et mon besoin d'écrire est a nouveau là...

Voila une heure que j'ai pris le rôle rassurant de celle qui va bien et sera là, encore et encore. Et oui, je serai là. Toujours.

Je suis là pour l'homme que j'aime... Je serai là pour tout porter, pour tout gérer. Je serai là.

Je gérerai l'appart, le petit, Noël... Je gérerai tout....

Mais après... Après tout ça, je ne serai qu'une loque, qu'un truc sans energie aucune, sans espoir, sans rien... Je le ferai, pour lui. Je serai celle qui doit tout gérer. Je serai celle qui absorbe la douleur. Celle qui comprend...

Mais vu mon etat actuel, je n'ose même pas imaginer mon état dans 3 mois...Vraiment. Je le ferai, oui. Je le dois... Mais ensuite?!?

J'ai dejà du mal à voir demain... Mais janvier? 3 mois plus difficiles qu'ils ne devraient... Comment vais-je faire? Comment vais-je tenir? Et a quoi vais-je ressembler après?

Dans ma tête pourrie, je m'imagine avec 10 kg de moins parce que, non,je ne mangerai plus.... Quel intérêt?... Ouais, aucun, mais mon excuse sera grandiose... "J'ai pas eu le temps, trop à faire, à gérer..."

Alors ouais, à dans un mois les gars, et 10 kg de moins......

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Fin d'un week-end revivifiant... Non que j'ai retrouvé une pêche et un envie de vivre particulière mais simplement la force de tenir encore, de garder l'espoir, ne serait-ce qu'un peu, que demain sera meilleur. Merci à la force de persuasion de mon homme...

Moins de 48 heures auprès de lui mais une légère nouvelle energie m'a remplie à nouveau.

Une fin d'année compliquée s'annonce et j'avoue ne vraiment pas avoir envie d'en faire partie. Pourtant il va falloir s'accrocher, être présente, forte et "relativement" stable. Peut-être même un Noël en solitaire... C'est comme ça. On ne choisit pas.

La santé vacille pour l'un et pour l'autre. Une opération pour lui en novembre, peut-être une pour moi en janvier. Des semaines loin l'un de l'autre. Notre projet de maison tombé à l'eau, notre projet bébé repoussé par trop de soucis de santé...

Mon profond mal-être me hurle "laisses tomber, tu n'y arriveras jamais, tu n'es rien et tout le monde serait bien plus heureux sans toi"... Et puis. Et puis il y a ce murmure, chaud, léger, caché, qui me rappelle mes rêves, mes amours, mes espoirs presques éteints... Cette petite voix quelque part en moi qui me sussure "bats-toi, la vie change, tout est possible si tu t'en donne les moyen... Sois patiente, un jour la roue tournera...".

Qui des deux a raison? Je n'en ai pas la moindre idée mais tant que ce murmure existera, je ne prendrai pas la décision de tout quitter. Car pour moi, pas d'entre deux. Pas d'hospitalisation possible, pas de survie, pas d'essai, de seconde (3e, 4e, je sais plus...) chance ... Juste le tout ou rien.

Je n'ai pas le choix. Si je tente quoi que se soit sans aller au bout, si je me laisse aller sans mourir, je serais en vie, mais sans rien. J'aurais alors tout perdu. Mon fils. Mon homme. Ma crédibilité. Mon avenir. On m'enfermera, on m'enlevera mon fils. Alors oui. Tout ou rien. Et tant que quelque chose reste en plus du rien, je resterai.

Je resterai.

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08 octobre 2011

Un grand pas en avant

Il faut parfois recevoir une grande claque en travers de la figure avec toutes les vérités qui vont avec pour être capable de réagir. J'en avais besoin. Entendre qu'à ce rythme-là, j'allais le perdre. Accepter que l'on me dise "tu as un problème d'alcool, je le sais et tu dois te faire aider sans quoi je n'avancerai plus avec toi". Pouvoir répondre "J'ai mal, mais tu as raison". Etre obligée d'assumer d'un coup un déni qui date depuis des années...

Mais bizarement, malgré la honte intense, malgré la douleur, malgré les larmes, cet échange m'a forcée à sortir de ma solitude alcoolique. Enfin je peux assumer la difficulté qui est la mienne face à l'alcool. Enfin je ne dois plus faire semblant.

De cet événement est resorti un rendez-vous en service d'alcoologie la semaine prochaine. Une sobriété de deux jours déjà. Oui je sais, deux jours ne sont rien. Pour vous non, pour moi si. Je lui ai promis, pour lui, pour eux, de me battre et de lâcher cette mauvaise habitude devenue presque maladive. Bon, ok, maladive.

C'est effrayant, oui. Extrêmement perturbant. Honteux. Mais je dois accepter, je dois assumer ma faille supplémentaire. Je dois réagir et arrêter ma chute avant qu'il ne soit trop tard.

Boire un verre était devenu l'acte qui remplacait celui de manger, de criser. Lorsque je bois, je ne mange pas. Alors forcément, lorsque je ne bois pas, je mange. Et je vomis. Mais finalement, en toute franchise, la boulimie est moins destructrice pour ma famille à moyen terme. Au moins manger/vomir ne change pas mon caractère de trop, ne me rends pas dangereuse pour autrui et laisse ma mémoire là ou elle est.

A choisir, je la prend elle, aussi perfide et autodestructrice qu'elle soit. Au moins, elle ne le sera qu'avec moi...

 

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06 octobre 2011

Le moral en dent de scie, bien que plutôt au minimum que l'inverse...

Je tiens, j'avance, comme un robot le fait, par ordre. "Je dois", "il faut"...

Le regard vide, je me lève chaque matin, gobe mes medics et avance en mode auromatique.. Mes status sur FB sont juste une façon de cacher mon désarroi... Alors je surjoue... Et ca marche...

Oui j'ai des rêves, des projets, quelques part... Ils restent là malgré le temps, malgré les épreuves et les déceptions.

Mais ensuite, suis-je seulement capable de les réaliser? Serai-je heureuse lorsque j'aurai atteint mes buts? Je ne crois pas...

En réalité, j'en suis certaine. C'est triste, hein? Ouais ben c'est la vérité...

27 ans, un homme, un boulot, un enfant et incapable d'être heureuse... Incapable.

Je bois et vomi comme je me hais, a outrance. Avec excès.

Et puis quoi, je déballe ma vie ici comme si qui que ce soit en avait a foutre... La preuve par les commentaires absents. Qui en a a foutre d'une pauvre idiote incapable de se rendre compte de la "chance" qu'elle a...

Une pauvre idiote qui finira par mettre un terme a sa petite vie... Elle ne sait pas quand, ou, comment mais un jour viendra ou la force lui manquera...

 

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